

Prix National de la Prévention 2026 organisé par AVECsanté : la MSP Universitaire Lib&Rance de Dinan (22) remporte 2 prix dans la catégorie santé des soignants et santé environnementale
Cette année a eu lieu la première édition du Prix prévention nationale d’AVECsanté. Qu’est-ce qui vous a donné envie de candidater ?
La gouvernance de la MSP souhaitait valoriser et faire connaître les actions que les professionnels de la MSP y font, au-delà du rapport d’activités annuel, des remontées ACI et du site internet. J’étais donc à l’affût des opportunités en ce sens. J’ai donc été ravie de voir le lancement du Prix !
Comment s’est déroulée la préparation de votre dossier de candidature ? Était-ce une démarche simple ou plus exigeante que vous l’imaginiez ?
Nous avons décidé de candidater à 3 des 6 Prix (santé environnementale, santé des soignants et implication des usagers) pour lesquels nous avions des projets intéressants à valoriser. J’ai sollicité les pros de la MSP pour faire les vidéos et un groupe s’est monté pour la vidéo sur le projet pour la santé des soignants. Elles ont fait un super travail mais malheureusement malgré de nombreuses tentatives, je n’ai jamais réussi à mettre la vidéo sur le document, j’avais beau la couper et la recouper ; à la fin il n’en est pas resté grand-chose.
J’avais ouvert 1 dossier de candidature pour chacun des projets, ce qui m’a permis de les compléter au fil de l’eau. Ayant répondu à des appels à projets ou rédigé des protocoles concernant ces projets, la réponse aux questions ne m’a pas pris trop de temps supplémentaire. J’ai trouvé les questions exigeantes tout en les comprenant dans une logique de capitalisation et de transférabilité. C’est d’ailleurs très intéressant de réfléchir aux moyens de transférer son projet. Au final, j’ai beaucoup aimé répondre aux questions qui m’ont fait approfondir ma connaissance de ces projets, notamment en termes de résultats.
Le 31 mars (date limite d’envoi), j’ai pu facilement envoyer les dossiers pour l’implication des usagers et la santé environnementale dont j’avais pré enregistré les réponses pour ne pas les perdre si le rafraîchissement de la page me faisait tout perdre. J’ai passé ma journée ensuite à monter et compresser, (re) monter et compresser, (rere) monter et compresser la vidéo du projet P(II)SES pour finir par ne pas préenregistrer mes réponses, tout perdre et devoir tout recommencer ! argh… mais l’essentiel, c’est qu’on ait obtenu le Prix !
Vous avez été récompensés pour deux projets. Pouvez-vous nous les présenter en quelques mots ? Quels besoins ont-ils permis de répondre ?
– P(II)SES (à prononcer PAUSES/POSES) consiste en des pauses pour les soignants : ils prennent la pose au yoga, ils mettent leur activité sur pause lors de l’analyse de pratiques professionnelles où l’idée est de prendre du recul sur sa pratique et de partager autour de situations individuelles vécues dans le cadre pro et nous prenons tous des pauses pendant les temps conviviaux avec nos (beaux) tee-shirt orange! Nous avons la chance qu’une étudiante fasse sa thèse sur l’APP au sein de la MSP, ce qui nous permet d’avoir des résultats et un vrai travail d’enquête qualitative. Le projet est bien suivi ; la diversité des actions proposées et la pérennité du projet nous permettent de toucher presque tout le monde. J’ai bon espoir qu’on arrive à ce que chacun des 82 pro de la MSP ait participé à au moins 1 des actions/activités!
– L’éco prescription consiste à ce que les médecins proposent à leurs patients de participer à une démarche environnementale en passant, pour le traitement de leur asthme ou de leur BPCO, à un inhalateur moins impactant pour la planète (notamment un inhalateur à poudre sèche plutôt qu’à gaz pressurisé dont la consommation équivaut à 170 km en voiture essence), le tout avec la même efficacité. Des affiches sont donc dans les salles d’attente pour que les patients aient le temps de se renseigner et réfléchir à la question et que la décision soit partagée. Si le MG ne propose pas le switch, les pharmaciens et les préparateurs de la MSP peuvent également le faire.
Une étudiante en thèse (Elise Rouillard) suit ce projet. Elle a préparé des ordonnances-type pour chacun des 4 traitements substitués, elle est intervenue dans chaque pharmacie (5) et chaque cabinet médical (2) pour expliquer le protocole et donner les outils. Les outils conçus sont très clairs, concis, complets et en plus, beaux! Elle continue à suivre le déroulé du protocole et fait des rappels et des points réguliers afin de maintenir l’intérêt des MG et qu’ils continuent à y penser.
Elle a fait le point sur les + de 1 100 patients concernés et les résultats sont encourageants !
Y a-t-il un résultat ou un retour de patient ou professionnel qui vous a particulièrement confortés dans cette démarche ?
Le trio gagnant du projet de substitution des inhalateurs : l’impact positif pour l’environnement corrélé à ce qui, de mon regard extérieur, parait vraiment simple dans la mise en œuvre (d’autant plus avec les outils) avec en plus cette opportunité de rendre acteurs les patients au côté de leur soignant pour le respect de l’environnement.
Pour PAUSES, j’ai été marquée dès mon arrivée dans cette MSP il y a 5 ans, par le fait que la MSP en tant qu’entité avait apporté une attention particulière à la santé des soignants dès la genèse du projet, notamment dans sa Charte. La santé de ses soignants fait vraiment partie intégrante de la MSP.
Comment avez-vous vécu la cérémonie de remise des prix ?
Très bien ! Pour chaque prix, nous souhaitions qu’au minimum un des référents de chaque projet soit honoré au Sénat. Du fait de mon investissement dans les candidatures pour le Prix, la gouvernance était d’accord pour que je m’y rende ainsi que le président de la MSP (qui est également co-pilote pour l’Eco prescription). Finalement, nous sommes partis à 4, 2 des référentes du projet P(II)SES, le Président et moi. C’était impressionnant d’être reçus au Sénat mais aussi très valorisant. La cérémonie était très bien organisée, ce qui nous laissait du temps pour échanger et comme nous étions une 50aine. Nous pouvions rencontrer les professionnels des quatre autres MSP récompensées que l’on n’aurait pas rencontré autrement car nous venions de toute la France, mais aussi les Co-présidents et les salariés d’AVECsanté. Elisabeth Doineau, la sénatrice de Mayenne qui patronnait le Prix, nous a même fait visiter le Sénat, une vraie chance !
Depuis l’obtention de ce prix, qu’est ce que cela a changé pour votre MSP ou pour vos projets ?
On croule sous les demandes d’interviews !!! J’exagère mais c’est vrai que nous avons la chance de pouvoir parler de ces projets sous différentes formes : articles dans les journaux nationaux et locaux, posters, mise en avant lors de rencontres en Bretagne…
Quel conseil donneriez-vous à une MSP qui hésite à candidater l’année prochaine ?
De ne pas hésiter à promouvoir leurs projets, quel qu’en soit le stade de mise en œuvre, tout en anticipant le temps de rédaction et de décomposition des éléments du projet.
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Témoignage réalisé en août 2026 – Crédit photos : Juliette Menard